La démarche est historique pour la start-up la plus valorisée du monde. Uber vient, en effet, de partager ses chiffres financiers avec Bloomberg, alors qu’elle n’y est pas obligée par la législation américaine et qu’elle n’est pas cotée en Bourse.

Une réponse, à n’en pas douter, aux nombreux bruits de couloirs, rumeurs et analyses extérieures sur l’état de santé « catastrophique » d’Uber. Et un moyen, également de mettre en avant sa toute puissance et sa forte croissance… tout juste après que son principal rival américain, Lyft, ait annoncé une levée de fonds à 1 demi milliard de dollars.

D’après la firme fondée et dirigée par Travis Kalanick, voici les vrais chiffres financiers d’Uber.

  • 6,5 milliards $ de chiffre d’affaires
  • 20 milliards $ de « volume d’affaires » (les montants avant la rémunération des coursiers)
  • 2,8 milliards $ de pertes en 2016 (+1 milliard $ perdu en Chine!)
  • 8 milliards $ dépensés depuis sa création en 2009
  • 125% de croissance en 2016. Soit une activité plus que doublée

Mais, selon un article publié par Les Echos … cette exercice de transparence serait légèrement tronqué. Selon le quotidien français ces chiffres d’activité sont eux-mêmes sujets à caution. « La société utilise des méthodes comptables qui permettent de gonfler artificiellement les revenus », souligne Jan Dawson, analyste chez Jackdaw Research : pour UberPool, son service de course partagée entre plusieurs clients, Uber comptabilise ainsi la part qui revient aux chauffeurs. Par ailleurs, le chiffre des pertes ne prend même pas en compte plusieurs dépenses, comme les rémunérations en actions des salariés, certains investissements immobiliers et l’achat d’automobiles, probablement pour son programme de voitures autonomes, programme pour lequel elle recrute à tout-va et investit massivement…

Alors, effectivement, les pertes d’Uber sont énormes. Mais la firme est forcément en pleine croissance : elle se développe sur une multitude de marchés dans le monde, dans différentes activités (UberEATS) et investit massivement pour conquérir les clients (marketing, branding, etc). Difficile, à ce stade de dire si la « start-up » détestée des taxis sera la plus grande faillite de l’histoire de la tech ou bien si Uber parviendra à devenir un mastodonte du Web. Après tout, Amazon a longtemps perdu des sommes faramineuses avant d’atteindre la rentabilité et devenir l’un des chouchous des investisseurs. En 2000, Amazon enregistrait un chiffre d’affaires de 2,7 milliards de dollars… et perdait 1,4 milliards de dollars…

Posted by Chris

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