Ce 24 novembre, je publiais dans Trends-Tendances un article intitulé « Comment je suis devenu coursier UberEATS en 7 minutes ». J’y explique avec quelle rapidité et quel manque d’information, le géant américain engage ses livreurs et les lache dans les rues de Bruxelles (A lire ici). En 7 minutes exactement, je me suis inscrit et j’ai obtenu mon matériel pour commencer à livrer des plats de restaurants aux internautes. Un article qui pose de nombreuses questions sur la manière dont UberEATS, malgré sa taille et malgré son expérience de « recrutement » de chauffeurs/livreurs, néglige l’information et les contacts avec ses prestataires.

En discutant informellement avec un observateur très avisé du secteur, il se pourrait bien que l’attitude d’Uber pour le recrutement de ses livreurs UberEATS ne soit pas du tout de la négligence mais bien une stratégie délibérée d’agir avec distance. « Ce que fait Uber, c’est respecter strictement la loi pour ne pas prendre de risque de requalification, me glisse cet expert. Car pas mal de gens voudraient que ces entreprises soient considérées comme des employeurs par rapport à leurs prestataires et ces « opposants » avancent des éléments tels que les formations obligatoires, le temps passé à expliquer aux livreurs ce que c’est que d’être indépendant, et à leur donner des indications fiscales, etc. » Et il avance l’exemple d’un client d’un réparateur d’électro qui ne va pas lui expliquer qu’il doit prendre une assurance.

Les actions sont nombreuses en effet contre des sociétés comme Uber ou Deliveroo. Des chauffeurs / coursiers souhaitent obtenir gain de cause devant la justice et voir leur statut d’indépendant requalifié en employés. But? Obtenir un statut moins précaire et de meilleures conditions. Pour tenter d’arriver à cela, des prestataires indépendants essaient de faire valoir qu’ils sont des « employés déguisés ».

La justice pourrait requalifier leur statut sur base de (la combinaison de) certains éléments : un lien de subordination présumé, la fourniture de matériel, la possibilité d’écarter ou de faire des remarques à des coursiers, leur imposer de porter certains types d’équipements… Des tas d’éléments laissés à l’appréciation de la justice et qui posent de vraies questions d’interprétation de la loi. Cette dernière est-elle vraiment applicable à ces nouveaux modes de travail ?

Du coup, le recrutement dangereusement rapide des livreurs UberEATS à Bruxelles pourrait bien être une « stratégie » pour éviter justement de pouvoir tomber dans les critères d’un contrat d’employé…  En tout cas, ce qui est sûr, c’est que cette question continue d’agiter les acteurs de ces start-up de livraison et mérite d’être clairement et justement tranchée.

Posted by Chris

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