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Depuis 2012, le site belge PiggyBee joue les pionniers de l’économie collaborative. Le concept de cette initiative symbolisée par une sympathique petite abeille consiste en du transport collaboratif de colis. Très concrètement, un internaute qui souhaite faire venir un bien de l’étranger peut trouver des voyageurs qui acceptent de lui ramener un colis. Prenons l’exemple d’Anne qui aimerait retrouver des friandises américaines au beurre de cacahuètes… elle peut introduire une demande sur PiggyBee et trouver un voyageur sympa qui part aux States et acceptera de les lui ramener… PiggyBee s’est lancée doucement sans développer de système de rémunération, histoire de comprendre le marché et d’analyser la traction. Aujourd’hui, son fondateur David Vuylsteke s’apprête à mettre en place un modèle lui permettant de générer des revenus. Brève interview pour mieux comprendre.

Aujourd’hui le modèle reste gratuit, PiggyBee ne prend pas d’argent sur les échanges. Comment fais-tu ? As-tu des investisseurs ?
Depuis son lancement en 2012, le service est entièrement gratuit dans la mesure où je visais la validation du besoin et l’accroissement de la communauté (avant la rentabilité). Ces objectifs atteints, il est temps aujourd’hui d’apporter au service un modèle de revenu. A la fois parce que l’idée initiale était de monter un projet pérenne (et que l’on ne va jamais très loin sans source de financement) mais également, à la demande des utilisateurs (!) qui souhaitent explicitement à être rassurés à ce que la plateforme gère l’ensemble des transactions de paiement (avec une normalité dans le secteur qu’elle soit en mesure de prendre sa commission au passage). Donc l’idée consiste à mettre en place un système pour prélever des sous (pour le moment, rien n’est en place). Cela voudrait dire utiliser Paypal, Stripe ou autre… L’idée serait de gérer les paiements (et prendre une commission dessus) quand un demandeur doit payer un pourboire au voyageur et quand le voyageur doit acheter un objet (iPhone par exemple) pour le compte d’un demandeur.

Comment évolue la communauté justement ?
Par rapport aux trois années précédentes combinées, le nombre d’utilisateurs a doublé pour atteindre un total (minimum de) 7.000 d’ici fin 2016. Les choix et actions effectués permettent enfin de voir la trace d’une croissance exponentielle (telle qu’on aime voir sur une place de marché). En plus des fils d’actualités sur Facebook et Twitter, nous avons créé deux groupes privés spécialement dédiés à nos utilisateurs. Dans l’idée de la plus grande communauté de « voyageurs-transporteurs », ces groupes permettent d’entretenir la communication avec nos utilisateurs et d’améliorer le site au jour le jour.

Combien de « missions / trajets » sont réalisés au travers de PiggyBee?
PiggyBee met en relation environ 15 « couples » (demandeur/voyageur) par jour. C’est 10 fois plus qu’il y a un an ! Cela s’explique par le nombre croissant de demandes mais également de voyages, compte tenu que nous offrons en plus la possibilité de partager ses voyages récurrents (tel que « je fais souvent le trajet entre Paris et Bruxelles ». Fonctionnalité qui ne marcherait pas spécialement pour du covoiturage mais bien pour le transport d’objets, qui ne sont pas nécessairement urgents). Après, il n’est pas certain que le demandeur ou le voyageur ne donne suite à cette mise en relation. Cela renvoie, dans le jargon « tech », à un trop faible taux de conversion actuellement. Nous allons implémenter de nouvelles fonctionnalités (comme une messagerie en ligne et la gestion des paiements, comme évoqué ci-dessus) qui permettent d’augmenter ce taux et donc le nombre de livraisons.

Vous n’êtes plus seulement présents en Belgique? Comment vous exportez-vous et où ?
Nous ne sommes « que » basés en Belgique. Mais depuis son lancement et par l’essence même du service proposé, PiggyBee est international. Nous focalisons sur les transports « X borders » (entre 2 pays) ou au minimum « longues distances » (tel un Paris>Lyon). Les utilisateurs sont donc répartis aux 4 coins de la planète ce qui permet des transports depuis les grandes villes réparties sur les différents continents. A cette fin, nous recrutons nos utilisateurs à travers des blogs dédiés au voyage, dans les communautés d’expatriés, parmi les étudiants d’échanges ou encore les « split families » (membres de la famille qui habitent à distance). De nombreux « early adopters » émanent également de l’économie collaborative : ils ont éprouvés les modèles type couchsurfing ou BlaBlaCar et, sensibles à des valeurs de partage et de solidarité (ou encore « une façon différente de faire et voir les choses »), ils veulent à tout prix tenter cette nouvelle mode qui est le transport de biens pour les autres, entre particuliers !

Combien de personnes travaillent pour Piggybee ? des temps pleins ?
Je suis en équivalent 4/5 sans compter les soirées tardives et toujours bien accompagné (que ce soit par un stagiaire, un coach ou encore un designer…). Comme je ne suis pas développeur, la mise en place (de mes cahiers de charge) est confiée à une boîte sympa et compétente sur Montpellier (qui était, entre autres, à l’origine des développements de BedyCasa, le premier Airbnb avant l’heure…).

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Posted by Chris

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