“Son modèle économique repose sur la violation de la loi.” Cette affirmation catégorique de Linda Rosenthal, parlementaire new-yorkaise, ne concerne pour une fois pas Uber mais Airbnb, le spécialiste de la location à courte durée de logements. Ce dernier devient la cible de nombreux régulateurs à travers le monde.

On sait qu’à Berlin, la location d’un bien meublé (dans son entièreté) via des plateformes comme Airbnb a été totalement interdit depuis le mois de mai 2016. Seule une chambre peut être mise à disposition des touristes.

A Barcelone, les autorités ont imposé un enregistrement préalable aux particuliers désireux de louer leur bien… et a infligé une amende record de 30.000 euros à une série de contrevenants !

A Bruxelles, la règlementation a changé au mois d’avril et impose un certain nombre de règles relativement strictes et de démarches administratives pour tous ceux qui veulent jouer les hôteliers amateurs.

Enfin, en ce moment même, la start-up américaine se livre à un véritable bras de fer avec les autorités de New York, son deuxième marché après Paris. C’est que, depuis 2010, une loi de cet Etat américain interdit la location de l’intégralité d’un bien pour moins de 30 jours. Du coup, 50 % des logements proposés sur la plateforme d’Airbnb se loueraient de manière illégale. L’Etat de New York a dès lors entériné une loi infligeant de lourdes amendes (jusqu’à 7.500 euros) aux hôtes Airbnb qui ne respectent pas les dispositions légales… Un sacré coup pour Airbnb qui a déjà indiqué faire appel de la décision devant la justice. Visiblement, les propositions faites par la start-up (interdire la location de plusieurs logements par une même personne, enregistrer les hôtes auprès des autorités, etc.) n’auront pas suffi.

Pourquoi ces villes (avant d’autres) décident  finalement de prendre des mesures pour encadrer ou interdire Airbnb ?

D’abord, le lobby des hôteliers continue de se faire entendre. Car même si la start-up américaine soutient que la majorité des voyageurs Airbnb n’auraient pas logé dnas un hôtel, la réalité semble bien différente. On ne compte plus les touristes qui font le choix de la location chez l’habitant plutôt que celui de l’hôtel. Pareil pour nombre de voyageurs professionnels qui font faire des économies à leur entreprise. Le poids de l’hôtelerie est tel qu’une partie des dirigeants politiques veulent prendre action pour soutenir cette industrie et l’emploi qu’elle génère.

Et puis, les régulateurs craignent aussi l’impact négatif sur l’accès au logement dans les villes. Une série de multi-propriétaires auraient tendance à retirer leurs bien du marché locatif longue durée pour privilégier Airbnb, jugé beaucoup plus lucratif.

Posted by Chris

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