L’arrêt des activités de la start-up Take Eat Easy continue de faire du bruit. Hier, après l’annonce, c’était l’effroi sur la planète #betech… Beaucoup de regrets de la part des internautes et des entrepreneurs techno. Des marques de soutien et de félicitations, malgré tout, aux quatre fondateurs, sur Twitter :

Mais évidemment, au fur et à mesure que l’information s’est répandue, des voix insatisfaites se sont également faites entendre. La plus partagée a été la réaction d’un restaurant parisien qui s’attend à ne pas être payé pour les repas vendus au travers de Take Eat Easy en juillet. Soit un manque à gagner de 900 euros. Car, il est vrai, que les restaurants n’encaissent pas directement l’argent. Ils reçoivent deux fois par mois les recettes des ventes sur Take Eat Easy (moins la commission de 30%). Cette réaction, c’est celle du Booba Mara qui a fait le tour des réseaux sociaux. Voici le message Facebook :

 

 

Certains coursiers regrettent évidemment la situation, se plaignent de n’avoir été prévenus qu’en dernière minute et craignent aussi de ne pas toucher l’argent dû pour leurs courses au mois de juillet.

Et il semble, de fait, que ce pourrait bien être le cas. Sauf, chez nous en Belgique, pour les livreurs qui passaient par l’intermédiaire de la SMArt. Celle-ci a en effet annoncé au Soir que les coursiers passant par Smart seraient payés. Un coût de 340.000 euros pour SMArt.
Dans les jours et semaines qui viennent, il y a fort à parier que l’opinion sur Take Eat Easy évolue plus que probablement… Sans doute avec colère et amertume pour certains. De plus en plus de coursiers impayés ou de restaurateurs impayés vont, forcément, faire part de leur mécontentement. On peut les comprendre et on peut espérer que les curateurs de chaque pays (Take Eat Easy avait des entreprises dans plusieurs des pays où elle était active) pourront récupérer de quoi tenter d’honnorer le plus de créanciers possible.

Ne faut-il pas aussi, en tant que client, se demander si on ne devrait pas payer plus de 2,5 euros par livraison? Après tout, le boulot d’un livreur qui passe 30 minutes pour apporter notre repas… ne vaut-il pas plus de 2,5 € ?

Néanmoins, on ne peut que s’interroger face à certaines réactions. Comme celles des prioprios du Booba Mara dans Libération qui soutiennent avoir surtout poussé ce coup de gueule sur Facebook pour «tous ces livreurs qui sont en situation précaire». Certes, j’ai pu, durant mon expérience UberizeME pour Trends-Tendances souligner ce gros souci dans les conditions des livreurs non-étudiants, trop peu payés et trop peu protégés. Mais qu’un restaurant se plaigne des conditions des livreurs alors que jusqu’ici il s’appuyait sur eux pour augmenter son chiffre d’affaires sans probablement jamais s’en être inquiété (et donc en ayant joué le jeu de la livraison avec des livreurs à bas coût) peut sembler culotté.

Le statut des livreurs indépendants (ou auto-entrepreneurs en France) reste trop précaire. Environ 15 € de l’heure en brut n’est pas assez. Et si le modèle ne permet pas à une start-up de survivre malgré une commission de 30% sur les plats et un fee de livraison de 2,5 euros, ne faudrait-il pas aussi, en tant que client, se demander si on ne devrait pas payer plus que 2,5 euros? Après tout, le boulot d’un livreur qui passe 30 minutes pour apporter notre repas… ne vaut-il pas plus de 2,5 € ?

Posted by Chris

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