Dans une récente carte blanche publiée par le quotidien français Les Echos, l’ancienne secrétaire d’Etat française Rama Yade (également candidate à l’élection présidentielle) a adopté une position forte par rapport au développement de l’économie collaborative qu’elle soutient.

Lisez plutôt : « Après l’agriculture, la roue, l’imprimerie, la machine à vapeur, le pétrole ou l’électricité, la mise en réseau des individus à une échelle extraordinaire est une véritable révolution culturelle. En combinant trois technologies (bases de données, moteurs de recherche et connectivité), les plates-formes permettent aux échanges jusque-là bridés entre particuliers d’être libérés des prix élevés et de la distance géographique. L’économie collaborative, avec ses 9.000 start-up sur un marché qui atteindra 335 milliards de dollars dans dix ans, vient renouveler notre modèle de consommation.  »

Et Rama Yade monte au créneau contre les tentatives de régulation du secteur. « Où s’arretera ce qui ressemble de plus en plus à une fuite en avant réactionnaire ? L’Etat compte-t-il maintenant attaquer BlaBlaCar qui gène la SNCF ? Netflix par rapport au modèle francais de financement du cinéma ? »

Il faut dire que nos voisins hexagonaux sont plutôt bien situés sur le marché de l’économie collaborative avec des acteurs comme BlaBlaCar, LeBonCoin et l’initiative OuiShare. A en croire les chiffres publiés par Le  Figaro, la France compterait d’ores et déjà 270 plateformes d’économie collaborative dont 3/4 franco-françaises. Et l’Hexagone représenterait pas moins de 23% d’un marché mondial qui valait 15 milliards de dollars en 2015. Et pourrait, selon certaines estimations, grimper à 335 milliards de dollars dès 2025. En montant au créneau Rama Yade veut placer son pays en position de leader de l’économie collaborative.

En Belgique, il n’existe encore aucun chiffre concret sur l’économie collaborative. Mais au moment de dévoiler sa loi réglementant la fiscalité de l’économie collaborative, le ministre Alexander De Croo estimait que sa mesure consistant à taxer à 10% l’économie collaborative (avec un maximum de 5.000 euros par ans) allait rapporter 20 millions d’euros à l’état. Cela signifierait, s’il voit juste, que l’économie collaborative -celle opéré par des particuliers de manière « occasionnelle » uniquement- représenterait un marché à 200 millions d’euros.

En tout cas pour la candidate à l’élection présidentielle française, « la France doit changer de logiciel économique et faire confiance aux jeunes pousses qui transforment le monde sans rien demander à personne. En tant que candidate à la présidence de la Republique, je propose de remettre l’Etat à sa place, celle d’un facilitateur de l’innovation et du changement. Passons de l’Etat-providence à la société-providence ! »

Posted by Chris

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